Urbanisme et croissance en Afrique

Afrique : l’urbanisme au coeur de la croissance économique   

 

L’Afrique est désormais le continent où la croissance urbaine est la plus forte. Le nombre de ses citadins augmente de 5 % à 7 % par an (à un rythme deux fois plus rapide que sa population totale). Certaines métropoles grignotent du territoire en plus chaque année, comme Kinshasa (8 km2). Une évolution urbaine qui ne peut être comparée à celle de l’Europe ou de l’Asie, tout d’abord parce que les villes africaines sont confrontées à un double phénomène de vitesse et de masse : 400 millions d’Africains vivent en milieu urbain (soit 40 % de la population, contre 3 % il y a cinquante ans), et ils seront 1,2 milliard en 2050 (soit 60 % de la population) selon l’ONU-Habitat.

 

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Par ailleurs, contrairement à ce qui s’est passé en Europe et en Asie, cette urbanisation se fait sans développement industriel. En tout cas dans un premier temps. Faute d’emplois, de ressources et d’anticipation de la part des pouvoirs publics en matière d’aménagement, les nouveaux arrivants sont contraints de vivre dans des taudis. C’est le cas de 60 % des citadins subsahariens – et même de plus de 90 % des citadins soudanais, centrafricains ou tchadiens. Confronté au même processus, le Maghreb (par ailleurs la région la plus urbanisée du continent, avec 54 % d’urbains), qui bénéficie d’une tradition citadine ancienne, parvient mieux cependant à maîtriser l’habitat précaire.

 

Les investissements, publics et privés, sont considérables, et les chantiers, qu’ils soient confiés à des opérateurs étrangers ou nationaux, créent des milliers d’emplois locaux : logements, infrastructures de base (pour l’approvisionnement en électricité et en eau, l’assainissement), équipements publics, routes, ponts, immeubles d’affaires, programmes résidentiels pour la diaspora, le tourisme, etc. Si certains gouvernements se cantonnent à une politique de prestige, menée surtout dans les quartiers chics de la capitale ou sur « la route de l’aéroport », la plupart des stratégies urbaines s’attellent à répondre aux besoins actuels et futurs des citoyens et de l’économie.

Autre satisfaction, ces politiques ne sont plus exclusivement centrées sur les capitales, mais élargies à leur agglomération et déclinées à l’échelle des villes plus petites. À l’instar du modèle sud-africain, l’idée de métropolisation fait en effet son chemin (après le Grand Casa ou le Grand Dakar s’ébauchent les plans du Grand Alger, du Grand Abidjan, du Grand Libreville…). Enfin, longtemps oubliées dans les schémas globaux, les villes moyennes s’aménagent elles aussi, s’équipent et se relient les unes aux autres. Une tendance plutôt inspirée, sachant que la moitié des citadins du continent vivent dans des villes de moins de 200 000 habitants et que c’est au sein de ces dernières, selon les projections de l’ONU-Habitat, qu’est attendue la majeure partie de la croissance urbaine en Afrique dans les dix prochaines années.

 

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Vous faire tout comprendre des conflits et des enjeux géopolitiques du continent africain, voici l’objectif de la revue Diploweb. En somme, un décryptage des aspirations des peuples d’Afrique et du Moyen-Orient à l’aube du nouveau millénaire.

Le site : http://www.diploweb.com/-Afrique-M-O-.html

 

Pierre Vaudelin, mars 2016

 

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